Dormir en couple : quelle position adopter (et ce qu’elle signifie vraiment)

Dormir en couple : quelle position adopter (et ce qu’elle signifie vraiment)

On lit partout que la position dans laquelle un couple dort révélerait l’état de sa relation. C’est un excellent sujet de magazine, et c’est à peu près tout : aucune position ne prédit quoi que ce soit d’une histoire d’amour.

En revanche, elle prédit très bien la qualité de vos nuits. Et sur ce terrain, il y a des choses utiles à dire.

Les positions de sommeil en couple et leur effet réel sur la qualité des nuits
La cuillère réchauffe mais engourdit le bras. Le dos à dos est, de loin, la configuration la plus reposante.

La position en cuillère est-elle vraiment idéale ?

C’est la position emblématique du couple, celle des films et des publicités pour la literie. Elle a de vraies qualités : le contact physique favorise la sécrétion d’ocytocine, ce qui apaise et facilite l’endormissement, et la chaleur partagée est agréable les nuits froides.

Elle a aussi un défaut que tout le monde connaît sans jamais le dire : le bras de celui qui est derrière finit systématiquement engourdi. Il n’existe aucune solution élégante à ce problème. Le membre comprimé perd sa circulation, la main s’endort, et il faut bouger.

Résultat : la cuillère est une excellente position pour s’endormir, et une mauvaise position pour passer la nuit. La plupart des couples s’en séparent dans la demi-heure sans même s’en rendre compte, et c’est très bien ainsi.

Pourquoi le dos à dos est-il la meilleure position ?

Parce qu’elle réunit les deux choses qui comptent réellement : le contact, ne serait-ce que par les hanches ou le dos, et la liberté de mouvement.

Un dormeur change de position quinze à trente fois par nuit. Si vos mouvements réveillent votre partenaire, ou si les siens vous réveillent, vous fragmentez tous les deux votre sommeil, sans même en garder le souvenir au matin. Le dos à dos permet à chacun de bouger sans conséquence.

C’est aussi la configuration qui règle les guerres de température, puisque chacun garde sa propre gestion de la chaleur. Si l’un de vous a systématiquement trop chaud la nuit, c’est souvent là que le problème se résout.

Dormir chacun de son côté, est-ce un mauvais signe ?

Non. Et il faut le dire clairement, parce que beaucoup de couples s’inquiètent d’un éloignement nocturne qui n’a strictement rien d’affectif.

Le sommeil est un état où le corps arbitre seul, sans vous consulter. Il cherche la position qui lui convient, la température qui lui convient, l’espace qui lui convient. Se retrouver chacun de son côté au bout d’une heure ne dit rien de votre relation : cela dit simplement que vous dormez.

Une position de sommeil ne raconte pas une histoire d’amour. Elle raconte un corps qui cherche son confort, et il le fait sans état d’âme.

Et si l’un des deux ronfle ou bouge trop ?

C’est le vrai sujet, celui qui abîme réellement les nuits des couples, bien plus que la position.

Si l’un ronfle, faites-le dormir sur le côté : le dos est la position qui aggrave le plus le ronflement, parce que la langue et les tissus mous retombent vers l’arrière de la gorge. Nous l’expliquons en détail dans notre article sur la position à adopter en cas d’apnée du sommeil. Et si les ronflements s’accompagnent de pauses respiratoires, ce n’est plus une question de confort conjugal : il faut consulter.

Si l’un bouge beaucoup, la solution est matérielle, pas relationnelle : un matelas plus grand, ou deux matelas séparés sur un même sommier. On appelle cela un divorce du sommeil, l’expression est terrible, mais les couples qui l’adoptent dorment mieux et se supportent mieux le matin.

La vraie bataille : la couette et la température

On parle beaucoup des positions, jamais de la couette, alors que c’est elle qui réveille les couples.

Deux corps ne dégagent pas la même chaleur et ne perdent pas leur chaleur au même rythme. L’un a froid, l’autre étouffe, et la couette se déplace toute la nuit. Le résultat est double : celui qui a trop chaud se réveille, celui qui a froid se réveille aussi.

La solution est d’une simplicité désarmante, et elle a un nom en Scandinavie, où l’on ne fait plus autrement depuis longtemps : deux couettes individuelles sur un même lit. Chacun règle sa température, plus personne ne tire, et les nuits changent immédiatement. Si l’un de vous a systématiquement trop chaud la nuit, commencez par là avant tout le reste.

Faut-il faire chambre à part ?

La question met tout le monde mal à l’aise, et pourtant elle mérite une réponse honnête : si l’un des deux ronfle bruyamment ou s’agite beaucoup, dormir séparément produit de meilleures nuits, et donc des journées plus supportables à deux.

Il n’y a rien à en conclure sur l’état d’un couple. Un sommeil fragmenté rend irritable, dégrade l’humeur et la patience, et ce sont ces effets-là qui abîment une relation, bien plus que le fait de dormir dans deux lits.

Cela dit, avant d’en arriver là, réglez ce qui peut l’être : si les ronflements s’accompagnent de pauses respiratoires, ce n’est pas d’une chambre séparée qu’il s’agit, mais d’un examen médical.

Reste, pour chacun de vous deux, à trouver la position qui convient à son propre corps. C’est l’objet de notre article sur quelle est la meilleure position pour dormir.

Ce qu’il faut retenir

Endormez-vous comme vous voulez, y compris en cuillère si cela vous plaît, et laissez ensuite vos corps se séparer : ils le feront de toute façon. Le dos à dos, ou chacun de son côté, reste la configuration qui produit les meilleures nuits.

Et ne cherchez pas de signification là où il n’y en a pas. La vraie menace pour les nuits d’un couple, ce n’est pas la distance dans le lit : c’est le ronflement, l’agitation et la guerre de la couette.

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