Apnée du sommeil : dans quelle position dormir, et pourquoi surtout pas sur le dos

Apnée du sommeil : dans quelle position dormir, et pourquoi surtout pas sur le dos

Il y a une chose que l’on dit rarement aux personnes qui découvrent leur apnée du sommeil : la position dans laquelle elles dorment peut, à elle seule, faire varier le nombre d’événements respiratoires du simple au double. Et la position en cause est précisément celle que la plupart des gens considèrent comme la plus reposante.

Apnée du sommeil : l'effet de la position de sommeil sur les voies respiratoires
Sur le dos, la langue et les tissus mous retombent vers l’arrière de la gorge. Sur le côté, la gravité cesse de jouer contre vous.

Pourquoi dormir sur le dos aggrave-t-il l’apnée ?

Le mécanisme est d’une simplicité désarmante : la gravité. Couché sur le dos, votre langue, votre voile du palais et les tissus mous de votre gorge retombent vers l’arrière. Le conduit par lequel passe l’air se rétrécit, puis se ferme. Vous cessez de respirer quelques secondes, votre cerveau vous réveille juste assez pour rouvrir le passage, et le cycle recommence, parfois des dizaines de fois par heure.

Vous ne gardez aucun souvenir de ces micro-réveils, et c’est bien le problème : vous avez l’impression d’avoir dormi huit heures, mais votre sommeil a été haché en centaines de fragments. D’où cette fatigue au réveil que rien n’explique, et cette somnolence de l’après-midi.

Sur le côté, cette même gravité cesse de jouer contre vous. La langue tombe latéralement, et non plus vers l’arrière : le conduit reste ouvert.

C’est l’exacte contradiction avec ce qu’on recommande pour les douleurs cervicales, où dormir sur le dos est la meilleure option. Si vous cumulez les deux problèmes, la respiration passe avant le confort du cou : privilégiez le côté, et compensez avec un oreiller adapté à la position latérale, comme nous l’expliquons dans notre article sur la position à adopter quand on a mal aux cervicales.

Qu’appelle-t-on une apnée positionnelle ?

Certaines personnes ne font des apnées que sur le dos, ou en font largement plus dans cette position que dans toute autre. On parle alors d’apnée obstructive positionnelle.

Ce n’est pas une nuance de spécialiste, c’est une information qui change la prise en charge : pour ces patients, le simple fait de ne plus dormir sur le dos réduit sensiblement le nombre d’événements respiratoires. Le détail figure dans le compte rendu de votre enregistrement du sommeil, qui ventile les événements selon la position. Si vous en avez passé un, demandez à votre médecin où vous vous situez : la réponse peut vous éviter des mois de tâtonnement.

Changer de position ne remplace jamais un traitement. Mais chez certains patients, cela en change nettement l’efficacité.

Comment tenir sur le côté toute la nuit ?

C’est là que tout se complique, et c’est le point sur lequel presque tous les articles font l’impasse. Décider de dormir sur le côté est facile. Y rester une fois endormi l’est beaucoup moins, parce que votre corps revient spontanément vers la position qu’il connaît, et qu’il le fait sans vous demander votre avis.

Un coussin de maintien calé dans le dos empêche de revenir sur le dos pendant la nuit
Décider de dormir sur le côté est facile. Y rester une fois endormi l’est beaucoup moins : c’est là que le coussin de maintien intervient.

Il faut donc une contrainte physique, et non une bonne résolution. Plusieurs approches fonctionnent, avec des niveaux d’inconfort très variables :

  • le coussin de maintien, ou coussin de corps, calé contre votre dos : il rend le retour sur le dos physiquement désagréable, sans rien vous imposer ni vous réveiller ;
  • la vieille méthode de la balle de tennis cousue dans le dos du pyjama : rudimentaire, gratuite, et étonnamment efficace ;
  • les dispositifs de thérapie positionnelle, ceintures ou harnais dotés d’un relief dorsal, conçus exactement pour cet usage ;
  • surélever légèrement la tête du lit, ce qui limite un peu l’affaissement des tissus, mais ne remplace jamais le passage sur le côté.

Comptez plusieurs semaines avant que le corps prenne le pli. Le réflexe finit par s’installer, et la contrainte devient inutile chez beaucoup de gens.

Et si vous êtes déjà appareillé ?

La position garde tout son intérêt. Dormir sur le côté réduit la pression nécessaire pour maintenir vos voies aériennes ouvertes, donc l’inconfort du traitement lui-même. Beaucoup de patients trouvent leur masque nettement plus supportable dans cette position, à condition qu’il ne fuie pas contre l’oreiller, ce qui suppose un oreiller adapté et bien choisi. Nous traitons ce point précis dans notre article sur le sommeil avec un masque nasal.

Ce que la position ne fera jamais

Soyons parfaitement clairs, car l’enjeu n’est pas anodin : l’apnée du sommeil non traitée expose à des conséquences cardiovasculaires sérieuses. Dormir sur le côté est un ajustement utile, parfois très utile, et il serait dommage de s’en priver. Ce n’est pas un traitement, et cela ne doit jamais servir de prétexte pour repousser un diagnostic ou abandonner un appareillage.

Si vous ronflez fortement, si votre entourage vous a rapporté des pauses respiratoires, si vous vous réveillez fatigué malgré des nuits complètes ou si vous somnolez dans la journée, parlez-en à un médecin et faites-vous enregistrer. Aucune position de sommeil ne remplacera cet examen.

L’apnée du sommeil est le cas où le dos devient la pire des positions, alors qu’il est le meilleur pour d’autres. Le tableau complet se trouve dans notre article sur quelle est la meilleure position pour dormir.

Ce qu’il faut retenir

Dormez sur le côté, et donnez-vous les moyens d’y rester : un coussin de maintien dans le dos, ou n’importe quel dispositif rendant le retour sur le dos désagréable. Évitez de dormir sur le dos, qui laisse la gravité refermer vos voies respiratoires. Et ne considérez jamais ce changement comme une alternative à un avis médical.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *