La mousse à mémoire de forme est devenue le mot magique du rayon literie. Elle a une vraie qualité, que ni les plumes ni les fibres n’ont : elle ne s’affaisse pas. Elle a aussi un défaut, qui est exactement la même chose vue de l’autre côté : elle ne se laisse pas corriger. Un oreiller à mémoire de forme, c’est un choix ferme et définitif, dans tous les sens du terme.
Que fait réellement la mémoire de forme ?
La mousse viscoélastique réagit à la pression et à la chaleur du corps. Sous votre tête, elle s’enfonce lentement, épouse le relief du crâne et de la nuque, puis s’arrête et ne bouge plus. Elle ne repousse pas, contrairement au latex, et elle ne se dérobe pas, contrairement au duvet.
La conséquence est celle qui compte : la hauteur que vous constatez au coucher est encore là à trois heures du matin, et elle y sera encore dans deux ans. C’est un avantage considérable, dont la portée apparaît mieux quand on regarde ce que fait un garnissage souple.

À qui convient-elle vraiment ?
Aux dormeurs sur le côté, en premier lieu, parce que ce sont eux qui ont le plus de hauteur à défendre et le plus à perdre quand elle disparaît en pleine nuit. Aux personnes qui souffrent du cou ensuite, puisqu’un maintien constant vaut mieux qu’un maintien qui s’évanouit. Et à ceux qui gardent la même position toute la nuit, car c’est là que le moulage prend tout son sens.
Et à qui ne convient-elle pas ?
À ceux qui changent de position, et ils sont nombreux. Un bloc de mousse impose une hauteur unique : celle qui vous va sur le côté sera trop épaisse quand vous basculerez sur le dos, et vous passerez le reste de la nuit menton contre poitrine. Un garnissage en flocons, lui, se laisse retirer ou compléter jusqu’à tomber juste.

Elle ne convient pas non plus, et c’est un motif de renvoi fréquent, à ceux qui ont trop chaud la nuit. La mousse viscoélastique est dense et ventile mal : elle emmagasine la chaleur du crâne et la restitue. Les versions dites gel ou perforées atténuent le phénomène sans le supprimer. Si vous êtes de ceux qui retournent leur oreiller pour trouver le côté frais, ce garnissage vous le refusera. Nous avons consacré un article aux nuits où l’on a trop chaud, et l’oreiller y tient une place plus grande qu’on ne le croit.
La mémoire de forme ne pardonne pas l’erreur de hauteur. Elle la conserve fidèlement, nuit après nuit, pendant des années.
Comment choisir la bonne hauteur en mémoire de forme ?
Avant d’acheter, mesurez, ne devinez pas. La hauteur qu’il vous faut est celle qui aligne votre tête avec votre colonne dans la position où vous dormez le plus : épaisse sur le côté, basse sur le dos. Le test se fait en dix secondes et il est décrit dans notre guide de l’oreiller selon la position de sommeil.
Ensuite seulement, regardez la forme. Les modèles à deux bourrelets de hauteurs différentes offrent un rattrapage appréciable : on retourne l’oreiller selon qu’on dort sur le dos ou sur le côté. Et n’achetez jamais de mousse sans période d’essai : c’est le seul garnissage sur lequel une erreur de quelques centimètres est irrattrapable.
Faut-il payer plus cher pour de la mémoire de forme ?
Vous paierez plus cher, c’est un fait, mais vous ne rachèterez pas d’oreiller avant longtemps, là où une fibre synthétique bon marché est à remplacer au bout d’une saison ou deux. Sur la durée, l’écart se resserre nettement. À condition, et tout est là, d’avoir pris la bonne hauteur du premier coup.
Ce qu’il faut retenir
La mémoire de forme est le meilleur garnissage pour tenir une hauteur dans le temps, et le pire pour corriger une erreur. Elle récompense ceux qui ont mesuré et punit ceux qui ont deviné. Si vous changez souvent de position ou si vous avez chaud la nuit, regardez plutôt du côté des flocons ou du latex.

