Oreiller cervical remboursé par la Sécurité sociale : la réponse est non, et voici pourquoi on vous dit l’inverse

Oreiller cervical remboursé par la Sécurité sociale : la réponse est non, et voici pourquoi on vous dit l’inverse

C’est l’une des questions les plus tapées sur le sujet, et l’une des plus mal traitées. La réponse
tient en un mot : non. Un oreiller cervical de couchage n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie.
Ni avec une ordonnance, ni acheté en pharmacie, ni parce qu’il porte le mot « médical » sur sa boîte.
Si vous lisez souvent le contraire, c’est que la plupart des pages qui répondent à cette question sont
écrites par des gens qui vendent des oreillers.

Pourquoi un oreiller cervical n’est-il pas remboursé ?

Parce que le remboursement d’un matériel de santé ne dépend ni de son nom, ni de son usage supposé,
mais d’une seule chose : son inscription sur la liste des produits et prestations de l’Assurance Maladie,
la LPP. C’est une liste fermée. Un produit y est, et il est pris en charge dans les conditions prévues ;
il n’y est pas, et rien ne le rend remboursable, quelle que soit l’insistance du vendeur.

L’oreiller de couchage n’y figure pas. Aux yeux de l’Assurance Maladie, c’est de la literie, au même
titre qu’un matelas ou une couette. Le fait qu’il soit galbé, qu’il porte un bourrelet cervical ou qu’il
soit vendu au comptoir d’une officine ne change rien à ce classement.

D’où vient la confusion ?

Elle vient de trois objets aux noms voisins, dont deux sont réellement pris en charge. Il suffit
d’entretenir le flou entre eux pour laisser croire à un remboursement.

Le collier cervical et le coussin de positionnement sont inscrits à la LPP. L'oreiller de couchage, lui, n'y est pas, et ne l'a jamais été.
Le collier cervical et le coussin de positionnement sont inscrits à la LPP. L’oreiller de couchage, lui, n’y est pas, et ne l’a jamais été.

Le collier cervical est une orthèse. Il immobilise le cou après un traumatisme ou en phase de crise, il
est inscrit à la LPP, et il est remboursé sur prescription. Le coussin de positionnement, parfois appelé
coussin anti-escarres, est un dispositif médical destiné aux personnes alitées ou lourdement handicapées :
il est également inscrit à la LPP. Ces deux objets n’ont rien à voir avec l’oreiller que vous cherchez
pour mieux dormir, mais ils permettent aux pages de vente de parler de remboursement en toute impunité.

Que rembourse réellement la Sécurité sociale, alors ?

Pour les dispositifs qui sont, eux, inscrits à la LPP, le principe est simple. Il faut une prescription
médicale, établie avant l’achat. La prise en charge se fait alors sur la base d’un tarif fixé par
l’Assurance Maladie, généralement à hauteur de 60 % de ce tarif, le reste, appelé ticket
modérateur, revenant à votre complémentaire santé si vous en avez une. En affection de longue durée en
rapport avec le dispositif, la prise en charge peut atteindre cent pour cent.

Deux pièges à connaître. Le remboursement porte sur le tarif LPP, pas sur le prix payé : si le produit
est vendu plus cher que la base, la différence reste pour vous. Et une ordonnance postérieure à l’achat
ne vaut rien.

Un oreiller « médical » n’est pas un dispositif médical. Le mot est libre, la liste ne
l’est pas.

Et la mutuelle, peut-elle prendre le relais ?

C’est la seule piste qui reste, et elle est réelle, mais il ne faut pas en attendre un remboursement
automatique. Certaines complémentaires proposent un forfait annuel de prévention, de bien-être ou de
médecine douce, une enveloppe libre de quelques dizaines d’euros que l’assuré utilise comme il l’entend.
Rien n’interdit d’y passer un oreiller ergonomique, à condition de fournir une facture nominative et,
souvent, un mot du médecin.

Cela dépend entièrement du contrat, et personne d’autre que votre complémentaire ne peut vous
répondre. La question à leur poser est précise : disposez-vous d’un forfait bien-être ou prévention, et
qu’accepte-t-il ? N’appelez pas votre caisse d’Assurance Maladie pour cela, elle vous dira non, et elle
aura raison.

Faut-il en conclure qu’il ne faut pas en acheter un ?

Absolument pas. Cela veut simplement dire que vous l’achèterez de votre poche, et donc que vous avez
tout intérêt à ne pas vous tromper. L’argent que vous ne récupérerez pas mérite d’être mis sur le seul
critère qui compte, la hauteur, et non sur un vocabulaire médical décoratif. Nous expliquons comment la
déterminer dans notre guide de l’oreiller
selon la position de sommeil
, et ce qu’un oreiller peut réellement faire pour un cou usé dans
l’article consacré à l’oreiller
et l’arthrose cervicale
.

Ce qu’il faut retenir

L’oreiller cervical de couchage n’est pas remboursé, et aucune ordonnance ne le rendra remboursable.
Ce qui est pris en charge, ce sont les orthèses et les dispositifs de positionnement, qui ne servent pas
à améliorer vos nuits. Votre seule chance de récupérer quelques euros passe par un forfait de
complémentaire santé, et il faut le demander.

Si des douleurs cervicales vous poussent à chercher un oreiller remboursé, la vraie économie n’est
pas là : elle est dans une consultation chez un médecin ou un kinésithérapeute, qui, elle, est
remboursée.

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