Oreiller ferme ou moelleux : la vraie question n’est pas celle que vous vous posez

Oreiller ferme ou moelleux : la vraie question n’est pas celle que vous vous posez

C’est la question qu’on pose au vendeur, et c’est une mauvaise question. Non qu’elle soit sans objet, mais parce qu’elle en cache une autre, plus importante, à laquelle presque personne ne pense en magasin. La fermeté ne décide pas si votre tête est à la bonne hauteur. Elle décide seulement si elle y restera.

Fermeté et hauteur : quelle différence ?

La hauteur, c’est l’épaisseur de matière entre votre oreille et le matelas. C’est elle qui aligne, ou non, votre cou avec votre colonne. La fermeté, c’est la résistance de cette matière au poids de votre tête. Autrement dit : la hauteur détermine si l’oreiller est juste au moment où vous vous couchez, la fermeté détermine s’il l’est encore quatre heures plus tard.

Un oreiller peut donc être parfaitement épais et complètement inutile, s’il s’écrase dès qu’on s’y pose. C’est le cas le plus fréquent, et le plus sournois, parce qu’on ne le constate jamais : au moment où l’oreiller cède, vous dormez.

Le garnissage souple donne une excellente première impression, puis le poids de la tête le chasse. Le vide se rouvre au milieu de la nuit.
Le garnissage souple donne une excellente première impression, puis le poids de la tête le chasse. Le vide se rouvre au milieu de la nuit.

Faut-il un oreiller ferme quand on dort sur le côté ?

Oui, et c’est la position où la question se pose avec le plus d’acuité. Sur le flanc, votre épaule ouvre sous votre tête un vide qui a exactement sa largeur, et c’est un vide important. Il faut donc beaucoup de matière pour le combler, et cette matière doit tenir sous une charge qui ne bouge pas de la nuit.

À position égale, une carrure large réclame plus d'épaisseur qu'une carrure étroite. La fermeté, elle, doit suivre dans les deux cas.
À position égale, une carrure large réclame plus d’épaisseur qu’une carrure étroite. La fermeté, elle, doit suivre dans les deux cas.

Plus votre carrure est large, plus l’oreiller doit être épais, et plus il doit être ferme, puisqu’il a davantage de hauteur à défendre. Un dormeur sur le côté à forte carrure avec un oreiller moelleux achète une illusion de confort qu’il paiera au réveil.

Et sur le dos, un oreiller moelleux convient-il ?

Sur le dos, la contrainte se relâche. La tête repose presque à plat, il n’y a que la courbure de la nuque à soutenir, et le poids à porter est plus faible. Un garnissage moyennement ferme suffit alors, à condition qu’il soit bas.

C’est d’ailleurs sur le dos que la confusion coûte le plus cher : par souci de moelleux, on prend un oreiller épais et mou, qui commence par repousser la tête vers l’avant, puis s’affaisse de travers. Vous trouverez le détail de ce mécanisme dans notre guide de l’oreiller selon la position de sommeil.

Qu’est-ce qui, dans un oreiller, tient dans la durée ?

La tenue ne dépend pas du prix, mais de la nature du garnissage. Les mousses, à mémoire de forme ou non, et le latex conservent leur hauteur : c’est leur principale qualité, et ils la gardent des années. Les fibres synthétiques, elles, s’affaissent vite, souvent en une saison ou deux. Les plumes et le duvet occupent une place à part : ils s’écrasent sous la tête, mais on peut les regonfler chaque matin, ce qui suppose de le faire.

Le moelleux est une promesse de vendeur. Le maintien est une promesse tenue.

Comment tester la fermeté avant d’acheter ?

Le test à la paume, celui que tout le monde fait, ne vaut rien : votre main ne pèse pas ce que pèse votre tête. Appuyez plutôt avec le poing fermé, de tout votre avant-bras, et regardez ce qui se passe. Un garnissage qui se creuse et reste creusé s’écrasera sous vous. Un garnissage qui revient lentement mais sûrement à sa forme tiendra la nuit.

Le seul vrai test, cependant, se fait chez vous. Les fabricants sérieux proposent des périodes d’essai de plusieurs semaines : c’est la seule garantie qui engage autre chose que du vocabulaire.

Ce qu’il faut retenir

Ne choisissez pas entre ferme et moelleux : choisissez d’abord la bonne hauteur, puis la fermeté qui permettra de la conserver toute la nuit. Sur le côté, c’est un oreiller épais et ferme. Sur le dos, un oreiller bas et moyennement ferme. Le moelleux, lui, est une sensation, et une sensation ne soutient rien.

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