Un oreiller anti-ronflement ne dégage pas vos voies respiratoires. Il ne muscle rien, il ne rétrécit rien, il n’agit sur aucune des causes du ronflement. Tout ce qu’il sait faire, c’est vous tenir dans une position où vous ronflez moins. C’est peu, et c’est parfois suffisant : encore faut-il savoir dans quel cas.
Pourquoi ronfle-t-on plus sur le dos ?
Couché sur le dos, la mâchoire et la langue partent en arrière sous leur propre poids et rétrécissent le passage de l’air au fond de la gorge. L’air qui force à travers ce passage étroit fait vibrer les tissus mous : c’est le ronflement. Le même dormeur, tourné sur le côté, laisse la langue retomber latéralement, et le passage se rouvre en grande partie.
Tout l’enjeu d’un oreiller dit anti-ronflement tient là : vous empêcher de repartir sur le dos au milieu de la nuit, quand vous n’êtes plus là pour y veiller.
Comment un oreiller peut-il vous maintenir sur le côté ?
Par sa forme, et par elle seule. Les modèles conçus pour cela sont soit galbés, avec un bourrelet qui cale la nuque, soit échancrés en papillon, avec un creux central où l’épaule vient se loger. Dans les deux cas, l’oreiller crée un logement pour la tête et l’épaule, et sortir de ce logement demande un effort dont un dormeur endormi est rarement capable.

Un oreiller qui vous maintient sur le côté ne vous soulagera que si vous ronflez surtout sur le dos. Si vous ronflez déjà sur le flanc, aucune forme n’y changera quoi que ce soit, et il faut chercher la cause ailleurs : congestion nasale, alcool du soir, surcharge pondérale, mâchoire reculée.
Faut-il surélever la tête pour moins ronfler ?
C’est le conseil que tout le monde donne, et il est mal formulé, au point de faire l’inverse de ce qu’il promet. Empiler deux ou trois oreillers sous la tête ne surélève pas les voies respiratoires : cela plie le cou, envoie le menton vers la poitrine et referme la gorge encore un peu plus.

Ce qui aide, c’est de relever le buste entier, tête, cou et thorax dans le même plan, à l’aide d’un lit inclinable, de cales sous les pieds de tête du lit ou d’un oreiller de forme triangulaire prévu pour cela. La nuance paraît mince, elle est décisive : dans un cas, on plie le tuyau, dans l’autre on le redresse.
Un oreiller anti-ronflement ne traite pas votre ronflement. Il vous empêche seulement de dormir dans la position où vous ronflez le plus.
Ronflement ou apnée du sommeil : où est la frontière ?
C’est la question la plus importante de cet article, et c’est celle qu’aucune page de vente ne pose. Le ronflement est un bruit. L’apnée du sommeil est un arrêt respiratoire, répété, qui fragmente les nuits et fatigue le cœur. Les deux se ressemblent de l’extérieur, et l’un peut cacher l’autre.
Trois signes doivent vous alerter : votre entourage vous décrit des pauses respiratoires suivies d’une reprise bruyante, vous vous réveillez fatigué malgré des nuits entières, vous vous endormez dans la journée. Dans ce cas, un oreiller n’est pas une réponse, c’est un retard. Il faut consulter, et le diagnostic passe par un enregistrement du sommeil. Nous détaillons ce que peut et ne peut pas un oreiller dans ce contexte dans notre article sur l’oreiller et l’apnée du sommeil, et l’effet réel de la position dans celui consacré à la position de sommeil en cas d’apnée.
Ce qu’il faut retenir
Un oreiller anti-ronflement est un outil de position, pas un traitement. Il vaut le coup si vous ronflez sur le dos et pas sur le côté, il ne vaut rien si vous ronflez dans toutes les positions, et il devient dangereux s’il vous sert à repousser une consultation que vos nuits réclament.

