Couple endormi dans un lit

Votre conjoint fait-il de l’apnée du sommeil sans le savoir ?

Chaque nuit, vous entendez votre partenaire ronfler — puis soudain, un silence de plusieurs secondes, suivi d’une reprise bruyante du souffle. Ce scénario vous est familier ? Il pourrait s’agir du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS), un trouble qui touche environ 5 % de la population adulte et qui reste massivement sous-diagnostiqué.

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil exactement ?

Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent. Chez certaines personnes, ce relâchement est tel que les voies aériennes se ferment partiellement (hypopnée) ou totalement (apnée) pendant 10 secondes à plus d’une minute. Le cerveau détecte le manque d’oxygène et déclenche un micro-réveil pour rouvrir le passage. Le dormeur ne s’en souvient généralement pas, mais ces micro-réveils — parfois des centaines par nuit — fragmentent le sommeil et empêchent toute récupération réelle.

Les 8 signes à surveiller

Signe Ce que vous observez Fréquence inquiétante
Ronflements forts Audibles depuis une autre pièce Chaque nuit ou presque
Pauses respiratoires Silence puis reprise bruyante Plusieurs fois par heure
Sommeil agité Bouge beaucoup, transpire Régulièrement
Bouche sèche au réveil Respire par la bouche la nuit Quasi quotidien
Maux de tête matinaux Céphalées au réveil qui passent 3+ fois/semaine
Fatigue diurne excessive S’endort devant la TV, en voiture Malgré 7-8 h au lit
Irritabilité inhabituelle Sautes d’humeur, impatience Changement de caractère
Nycturie Se lève 2+ fois pour uriner Régulièrement
Pourquoi c’est sérieux : l’apnée du sommeil non traitée augmente le risque d’hypertension (+30 %), d’AVC (+60 %), de diabète de type 2 et de dépression. Elle est aussi responsable de nombreux accidents de la route liés à la somnolence au volant.

Qui est à risque ?

Certains facteurs augmentent nettement la probabilité :

  • Le surpoids : un tour de cou supérieur à 43 cm (homme) ou 38 cm (femme) est un indicateur
  • L’âge : le risque augmente après 50 ans
  • L’anatomie : mâchoire en retrait, grosses amygdales, cloison nasale déviée
  • L’alcool et les sédatifs : ils relâchent davantage les muscles de la gorge
  • Le tabac : il provoque une inflammation des voies aériennes

Comment aborder le sujet avec votre partenaire

Beaucoup de personnes nient ou minimisent le problème. Plutôt que de dire « tu ronfles comme un tracteur », essayez : « J’ai remarqué que tu avais des pauses dans ta respiration la nuit, et je m’inquiète pour ta santé. » Vous pouvez aussi enregistrer quelques minutes avec votre téléphone pour illustrer concrètement ce qui se passe — les ronflements avec pauses sont souvent le premier signal d’alerte.

Le diagnostic et les solutions

Le médecin prescrira une polysomnographie (enregistrement du sommeil, à l’hôpital ou à domicile). Si l’apnée est confirmée, les traitements dépendent de la sévérité :

  • Légère : perte de poids, orthèse d’avancée mandibulaire, position latérale
  • Modérée à sévère : appareil à pression positive continue (PPC/CPAP), porté chaque nuit
  • Cas particuliers : chirurgie ORL (amygdales, voile du palais, chirurgie maxillaire)

La PPC reste le traitement de référence — et ceux qui l’acceptent décrivent souvent un « avant/après » spectaculaire sur leur énergie, leur humeur et même leur libido.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *