Ce que vaut vraiment un oreiller cervical acheté en pharmacie

Ce que vaut vraiment un oreiller cervical acheté en pharmacie

Acheter son oreiller en pharmacie rassure. Le rayon est sobre, les emballages parlent de cervicales et d’ergonomie, le pharmacien connaît le mot arthrose. On en déduit assez naturellement que le produit est d’une autre nature que celui du rayon literie d’une grande surface. C’est là que se joue le malentendu.

Un oreiller de pharmacie est-il un dispositif médical ?

Non. Un oreiller de couchage, même vendu au comptoir d’une officine, même présenté comme médical ou ergonomique, reste de la literie. Les mots « médical », « ergonomique » et « cervical » ne sont pas des statuts réglementaires : n’importe quel fabricant peut les inscrire sur un carton. Ce qui est encadré, c’est l’inscription sur la liste des produits et prestations de l’Assurance Maladie, et l’oreiller de couchage n’y figure pas. Nous détaillons ce point, qui vaut de l’argent, dans notre article sur l’oreiller cervical et le remboursement par la Sécurité sociale.

Conséquence directe et un peu brutale : le lieu d’achat ne change rien à la qualité du produit. Ni en bien, ni en mal. Un bon oreiller acheté en pharmacie est un bon oreiller. Un mauvais oreiller acheté en pharmacie est un mauvais oreiller, vendu plus cher.

Alors pourquoi les acheter là ?

Parce que le rayon a tout de même deux avantages réels, à condition de savoir ce qu’on y cherche.

Le premier est la sélection. Une officine ne référence pas quarante modèles : elle en tient trois ou quatre, généralement des formes ergonomiques à bourrelet, et elle évite les oreillers de mauvaise tenue. Le second est la conversation. Un pharmacien qui vous demande dans quelle position vous dormez et si vous avez mal au réveil vous sera plus utile qu’un rayon en libre-service. C’est bien le seul endroit où quelqu’un vous posera la question.

Quelles formes trouve-t-on en rayon ?

Les trois formes que l'on trouve au rayon santé. Aucune n'est bonne dans l'absolu : tout dépend de la position dans laquelle vous dormez.
Les trois formes que l’on trouve au rayon santé. Aucune n’est bonne dans l’absolu : tout dépend de la position dans laquelle vous dormez.

L’oreiller à bourrelets, ou oreiller vague, est celui qu’on vous proposera en premier. Ses deux renflements de hauteurs différentes ne sont pas décoratifs : le petit côté est prévu pour le dos, le grand côté pour le côté. Encore faut-il le savoir, et le retourner en conséquence, ce que la plupart des gens ne font jamais.

L’oreiller papillon, avec son échancrure centrale, est conçu pour ceux qui dorment sur le flanc : l’épaule se loge dans le creux au lieu d’être remontée. Quant à l’oreiller plat classique, il n’est ni bon ni mauvais en soi. Sa valeur dépend entièrement de sa hauteur et de sa fermeté, c’est-à-dire des deux seuls critères qui comptent vraiment, et que nous détaillons dans le guide de l’oreiller selon la position de sommeil.

Comment juger un oreiller sans pouvoir dormir dessus ?

Le drame de l’achat en magasin est qu’on teste un oreiller avec la main, debout, pendant quinze secondes. Or ce qui compte n’est pas la sensation sous la paume, mais le maintien sous une tête de cinq kilos, six heures plus tard.

Un garnissage souple donne une bonne première impression, puis cède. Le vide se rouvre en pleine nuit, quand vous dormez.
Un garnissage souple donne une bonne première impression, puis cède. Le vide se rouvre en pleine nuit, quand vous dormez.

Faute de mieux, appuyez avec le poing fermé, franchement, et regardez si la matière revient. Un garnissage qui reste creusé sous une pression modérée s’écrasera sous votre tête. Et demandez la politique de retour : les fabricants sérieux proposent des périodes d’essai de plusieurs semaines, ce qui est le seul vrai test possible.

Le bon oreiller n’est pas celui qui vous plaît en magasin. C’est celui qui tient encore sa hauteur à trois heures du matin, alors que vous dormez et que vous ne pouvez plus rien vérifier.

Ce qu’il faut retenir

La pharmacie vend du conseil et une présélection, pas un statut médical. Si vous y trouvez un oreiller dont la hauteur correspond à votre position et à votre carrure, achetez-le sans hésiter. Si vous y trouvez le même modèle qu’ailleurs avec trente pour cent de plus sur l’étiquette et le mot « médical » sur la boîte, vous payez un mot.

Et si vos douleurs cervicales persistent malgré un oreiller adapté, aucun rayon ne vous aidera : c’est un médecin ou un kinésithérapeute qu’il faut aller voir.

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