Arthrose cervicale : ce qu’un oreiller peut faire pour votre cou, et ce qu’il ne fera jamais

Arthrose cervicale : ce qu’un oreiller peut faire pour votre cou, et ce qu’il ne fera jamais

Disons-le tout de suite, parce que les pages qui vendent des oreillers ne le disent jamais : aucun
oreiller ne soigne une arthrose cervicale. L’usure des disques et des articulations du cou ne se répare
pas avec un coussin. Ce qu’un oreiller décide, en revanche, c’est si votre nuque va se reposer pendant
sept heures ou continuer à travailler. Sur une cervicale déjà usée, cette différence est tout sauf
mineure : c’est elle qui sépare un réveil normal d’un réveil bloqué.

Pourquoi le cou fait-il plus mal le matin que le soir ?

C’est le paradoxe qui amène la plupart des gens à chercher un nouvel oreiller. On se couche à peu près
bien, on se lève raide. Si la nuit aggrave les choses, c’est qu’elle n’a pas été un repos.

Quand la tête n’est pas soutenue à la bonne hauteur, les muscles du cou passent la nuit à la retenir.
Ils ne peuvent pas se relâcher, et la circulation dans les tissus autour des articulations enflammées
s’en trouve réduite. Au matin, tout est plus raide qu’au coucher. Une arthrose cervicale ne crée pas ce
mécanisme, elle le rend simplement beaucoup plus douloureux.

Quelle hauteur d’oreiller pour des cervicales douloureuses ?

La règle ne change pas parce que vous avez de l’arthrose : elle devient seulement moins pardonnable.
La hauteur juste est celle qui garde la tête dans le prolongement de la colonne, et elle dépend de votre
position. Sur le côté, il faut combler l’espace ouvert par l’épaule, donc un oreiller épais. Sur le dos,
il ne reste que la courbure de la nuque à soutenir, donc un oreiller bas. Nous détaillons cette mesure
dans notre guide sur l’oreiller
à choisir selon sa position de sommeil
.

Vue depuis les pieds du lit : un oreiller trop haut plie le cou vers l'épaule, un oreiller trop bas le plie vers le matelas. Dans les deux cas, les muscles travaillent toute la nuit.
Vue depuis les pieds du lit : un oreiller trop haut plie le cou vers l’épaule, un oreiller trop bas le plie vers le matelas. Dans les deux cas, les muscles travaillent toute la nuit.

L’erreur la plus courante chez les personnes qui souffrent du cou est de prendre l’oreiller le plus
épais possible, en croyant bien faire. C’est le contraire qui se produit : la tête est repoussée, le
menton part vers la poitrine, et les articulations du haut du cou restent comprimées jusqu’au matin.

Faut-il un oreiller à bourrelet cervical ?

C’est le fameux oreiller « ergonomique » ou « à mémoire de forme », reconnaissable à son renflement qui
court le long du bord. Ce bourrelet a une raison d’être précise : il remplit le creux naturel de la nuque,
celui que l’oreiller plat laisse vide. Quand ce creux n’est pas soutenu, ce sont les muscles qui le
tiennent, toute la nuit.

Un oreiller plat laisse le creux de la nuque sans appui. Le bourrelet le remplit, et la nuque cesse de se tenir toute seule.
Un oreiller plat laisse le creux de la nuque sans appui. Le bourrelet le remplit, et la nuque cesse de se tenir toute seule.

Deux réserves, tout de même. La première : le bourrelet doit correspondre à votre morphologie, et
non à celle du mannequin sur l’emballage. Un renflement trop haut fait exactement le mal qu’il prétend
éviter. La seconde : ces oreillers imposent une forme unique. Si vous changez de position dans la nuit,
un modèle à deux bourrelets de hauteurs différentes, le petit pour le dos, le grand pour le côté, est
plus honnête qu’un bloc taillé pour une seule posture.

Ferme ou moelleux quand on a de l’arthrose ?

Ferme, et cela n’a rien à voir avec le confort. Un garnissage souple donne une sensation agréable les
premières minutes, puis s’écrase sous le poids de la tête. Au milieu de la nuit, il ne soutient plus rien,
et vous n’êtes pas éveillé pour vous en apercevoir. Ce qu’on cherche, ce n’est pas la douceur au coucher,
c’est le maintien à trois heures du matin.

Un oreiller ne se juge pas au moment où l’on s’y pose. Il se juge au moment où l’on se
lève.

Et la position, dans tout ça ?

L’oreiller ne rattrapera jamais une mauvaise position. Dormir sur le ventre avec une arthrose
cervicale revient à maintenir le cou tourné à quatre-vingt-dix degrés pendant toute la nuit, et il
n’existe aucun oreiller capable de compenser cela. C’est la seule position réellement à proscrire, et
nous expliquons pourquoi dans l’article consacré à la
position de sommeil quand on a
mal aux cervicales
.

Ce qu’il faut retenir

Un bon oreiller ne guérira pas votre arthrose, mais un mauvais oreiller l’entretient chaque nuit.
Cherchez la hauteur avant tout le reste, préférez un maintien ferme à une sensation douce, et méfiez-vous
des bourrelets calibrés pour un cou moyen qui n’est pas le vôtre.

Enfin, une précision qui a son importance : si vos douleurs vous réveillent, descendent dans le bras,
s’accompagnent de fourmillements ou ne cèdent pas malgré un couchage correct, ce n’est plus une question
de literie. Parlez-en à votre médecin ou à un kinésithérapeute.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *