Se détendre avant de dormir : les 3 respirations qui fonctionnent vraiment

Se détendre avant de dormir : les 3 respirations qui fonctionnent vraiment

Vous êtes couché, la journée est finie, et votre cerveau choisit précisément ce moment pour rejouer la réunion de demain, la phrase de travers de votre collègue et la liste des choses que vous avez oubliées. Le corps est prêt à dormir. La tête, non.

Ce décalage n’a rien d’un défaut de volonté, et c’est pour cela que « se forcer à ne plus penser » ne fonctionne jamais. En revanche, on peut agir sur le corps, qui lui obéit. C’est tout l’objet de cette page.

Les trois techniques de respiration pour se détendre le soir, comparées à la même échelle
La méthode 4-7-8, la respiration abdominale et la cohérence cardiaque, ramenées à la même échelle de temps.

Pourquoi le cerveau s’emballe-t-il au moment du coucher ?

Toute la journée, votre système nerveux sympathique vous maintient en alerte : c’est lui qui vous fait tenir les délais, réagir vite et encaisser les contrariétés. Le soir venu, il devrait passer la main à son opposé, le système parasympathique, celui du repos et de la digestion.

Sauf que ce basculement ne se décrète pas. Si votre journée a été tendue, le cortisol reste élevé, et tant qu’il l’est, la mélatonine peine à s’installer. Vous vous couchez donc avec un corps en état de veille, allongé dans le noir, sans plus rien pour l’occuper. D’où ce paradoxe : c’est souvent au moment où l’on ne fait plus rien que les pensées deviennent le plus bruyantes.

On ne s’endort pas en décidant de s’endormir. On s’endort en cessant d’être en alerte, et c’est le corps, non la volonté, qui envoie ce signal.

Quelle technique de respiration choisir ?

La respiration est le seul levier direct dont vous disposez sur votre système nerveux autonome. Vous ne pouvez pas décider de ralentir votre rythme cardiaque, mais vous pouvez décider de votre respiration, et le rythme cardiaque suivra. C’est tout l’intérêt de la chose, et c’est pourquoi l’expiration doit toujours être plus longue que l’inspiration : c’est elle qui active le frein parasympathique.

La méthode 4-7-8, pour l’endormissement

Popularisée par le médecin américain Andrew Weil, elle consiste à inspirer par le nez en comptant jusqu’à quatre, retenir son souffle jusqu’à sept, puis expirer bruyamment par la bouche jusqu’à huit. Quatre cycles suffisent.

C’est celle qui agit le plus vite, parce que la rétention et la très longue expiration forcent le basculement. C’est aussi la plus désagréable les premières fois : le manque d’air pendant la rétention est franchement inconfortable, et beaucoup de gens abandonnent au bout de deux essais. Tenez trois ou quatre soirs, cela devient facile.

La cohérence cardiaque, pour redescendre en fin de journée

Cinq secondes d’inspiration, cinq secondes d’expiration, sans rétention, soit six cycles par minute pendant cinq minutes. C’est moins spectaculaire que le 4-7-8, mais bien plus supportable, et cela se pratique aussi bien assis dans son canapé qu’au lit.

Son intérêt est ailleurs : elle sert à faire redescendre la tension d’une journée, plutôt qu’à provoquer l’endormissement dans la minute. Beaucoup de gens la pratiquent en rentrant du travail plutôt qu’au coucher.

La respiration abdominale, pour ceux que le décompte agace

Aucune consigne de durée, aucun chiffre à retenir : une main sur le ventre, une sur la poitrine, et vous respirez de manière à ne faire bouger que celle du bas. C’est la respiration naturelle, celle que vous adoptez spontanément dans votre sommeil et que le stress vous a fait remonter dans la poitrine.

C’est la technique la plus douce, et souvent la seule que supportent les gens que le comptage rend anxieux. Ce n’est pas la plus rapide, mais c’est celle qu’on tient dans la durée, et c’est ce qui compte.

Faut-il vraiment couper les écrans ?

Oui, mais probablement pas pour la raison que vous croyez. On a beaucoup insisté sur la lumière bleue, au point d’en faire vendre des lunettes filtrantes. Or l’essentiel n’est pas là.

Le problème d’un écran, le soir, c’est le contenu. Un fil d’actualité, une série, une discussion de travail : tout cela maintient votre attention captée et votre système nerveux en éveil. Vous pouvez filtrer toute la lumière bleue de la terre, un message professionnel lu à 23 heures vous tiendra éveillé pendant une heure.

La règle utile est donc moins technique qu’il n’y paraît : la dernière heure avant le coucher, on ne consulte rien qui puisse déclencher une réaction.

La routine du soir : ce qu'il faut faire dans la dernière heure avant le coucher
Ce n’est pas la technique choisie qui compte le plus, c’est la régularité de l’enchaînement.

Que valent les autres méthodes ?

Il en circule beaucoup, et toutes ne se valent pas. Voici ce qu’on peut raisonnablement en attendre :

  • la lecture sur papier fonctionne très bien, à condition de choisir un livre qui n’accroche pas trop : un roman haletant vous tiendra éveillé aussi sûrement qu’une série ;
  • l’écriture, en notant simplement ce qui vous préoccupe et ce que vous ferez demain, décharge le mental de la tâche de tout mémoriser, et c’est souvent spectaculaire chez les gens qui ruminent ;
  • l’aromathérapie, la lavande en tête, agit surtout comme un signal de rituel : votre cerveau associe l’odeur au coucher, et c’est déjà beaucoup, mais n’en attendez pas un effet pharmacologique ;
  • une tisane du soir a le même statut : le geste et la chaleur comptent probablement autant que la plante, à condition de ne pas la boire trop tard pour ne pas se relever la nuit.

Combien de temps avant que cela fonctionne ?

Comptez deux à trois semaines de pratique quotidienne. Ce n’est pas une question de foi, c’est un mécanisme de conditionnement : à force de répéter la même séquence avant de dormir, votre cerveau finit par l’associer au sommeil, et l’enchaînement se déclenche tout seul.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la régularité compte davantage que la technique choisie. Une respiration abdominale pratiquée tous les soirs vaut infiniment mieux qu’un 4-7-8 parfait un soir sur cinq.

Un dernier point, qui contrarie tout le monde : ces techniques fonctionnent moins bien si vous les utilisez comme une arme contre l’insomnie. Dès l’instant où vous respirez en surveillant si ça marche, vous êtes en évaluation, donc en alerte. Faites-le sans attendre de résultat, c’est là qu’il arrive.

Ce qu’il faut retenir

Choisissez une seule technique de respiration, celle qui vous convient, et gardez-la : le 4-7-8 pour l’endormissement, la cohérence cardiaque pour redescendre d’une journée tendue, la respiration abdominale si les décomptes vous agacent. Dans tous les cas, expirez plus longtemps que vous n’inspirez.

Coupez la dernière heure de tout ce qui peut vous mettre en réaction. Et donnez-vous deux à trois semaines avant de juger. Si le stress du soir vous empoisonne vraiment les nuits, notre article sur le stress avant de dormir va plus loin sur les ruminations.

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